D’octobre à décembre, j’ai passé trois mois fantastiques.
D’octobre à décembre, j’ai été bénévole au Centre de Revalidation pour Oiseaux Handicapés (CROH) d’Anderlecht.

Le CROH qu’est-ce que c’est ?

Les Centres de Revalidation pour Oiseaux Handicapés (CROH) sont équipés pour prendre en charge des oiseaux et animaux sauvages nécessitant des soins. Ils détiennent toutes les autorisations requises pour accueillir, soigner et revalider les espèces protégées. La LRBPO (Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux) coordonne et cofinance l’activité des CROH afin de maximaliser les chances de réinsertion dans la nature des animaux accueillis

Cela faisait des années que je connaissais cette association, mais je n’avais jamais osé me présenter pour y être bénévole : je n’ai pas fait d’études de vétérinaire, je n’ai jamais pris soin d’animaux sauvages. Pourtant, en cette fin d’année 2015, ne travaillant qu’à mi-temps, j’avais du temps à perdre alors j’ai voulu essayer. Si j’avais su l’accueil qu’on me réservait, j’aurais tenté l’expérience il y a des années. Je t’explique ami lecteur.

À peine le mail envoyé, je recevais une réponse : bien sûr qu’on avait besoin de moi et de tous les bras que je pouvais amener. On me demandait juste de prendre contact avec Nadège, la soigneuse du centre. Passé ma peur du téléphone, j’avais rendez-vous la semaine suivante afin de découvrir les lieux et de voir comment je pouvais me rendre utile.

Mercredi, plus ou moins confiante, je descendais la rue de Veeweyede et sonnais à la porte de mon futur refuge hebdomadaire. Nadège m’y accueillit d’un sourire grand comme le soleil et qui laissait déjà entrevoir tout le plaisir qu’elle avait à travailler au centre et à y recueillir non seulement des animaux sauvages, mais aussi des bénévoles un peu effarouchés. Vu qu’une autre fille devait se présenter pour le bénévolat et que la soigneuse devait passer quelques coups de fil, elle me proposa de faire le tour du « garage ». Non je n’ai pas admiré une collection de voitures : le gara désigne la partie du refuge où se trouvent les domestiques qui échouent au centre.En effet, le Croh se spécialise dans les oiseaux et animaux sauvages, mais il leur arrive de recevoir des animaux domestiques : saisies, abandons. Dans le garage,on retrouve donc les animaux qui ont été abandonnés ou dont la saisie et levée et qui sont proposés à l’adoption. Sans oublier quelques animaux de membres de la LRBPO en pension. Il y avait essentiellement des oiseaux (canaris, perroquets), des rongeurs (octodons, lapins) et des NACS (mygales, iguanes et serpents). J’observais à la fois curieuse et inquiète toutes ces bestioles à poils, à plumes et à écailles. Surtout, j’y ai rencontré un cacatoès nommé Coco qui se baladait en liberté et me faisait causette (« Hello. Hello. Bonjour Coco »). Connaissant la réputation et le bec pinçant de ces oiseaux, je restais plutôt méfiante et gardais mes distances. Nadège me dit alors que je pouvais m’approcher sans souci de la cage sur laquelle il s’était posé. Pour ma plus grande surprise et mon plus grand sourire, à peine me glissais-je près de lui pour le caresser (malgré tout prête à retirer mes doigts à la moindre tentative de sa part), que Coco se perchait sur mon épaule et réclamait mon affection et mes caresses en se frottant contre moi et en essayant de « manger » mes cheveux et mon pull.

Nadège nous apprit plus tard à l’autre bénévole et à moi que Coco avait été saisi. Il se trouvait auparavant chez une dame qui avait (il me semble) plus de 150 animaux entassés dans un petit appartement trois pièces (ou quelque chose dans le genre). Car oui, l’autre bénévole était arrivée et nous pouvions entamer notre visite du centre : les hérissons, les rapaces, les pigeons, les cygnes, tous les autres animaux, le centre et son fonctionnement n’eurent bientôt plus de secret pour nous. Très rapidement la soigneuse nous montra comment manipuler les oiseaux, leur administrer médicaments et nourriture sans danger pour eux ni pour nous. Ce jour-là j’ai déjà pu tenir un hérisson et un ramier, tâter le jabot d’un pigeonneau pour constater qu’il était rempli et qu’il ne devait donc pas être gavé pour le moment… Nadège nous a très vite mises en confiance et démontré que non, pas besoin d’un diplôme de vétérinaire pour devenir bénévole ici, à condition d’être prudent, rigoureux et volontaire. Surtout, il ne faut pas hésiter à poser des questions. Commettre une erreur peut être dangereux pour nous, ou pour l’animal alors mieux vaut demander avant d’agir. L’après-midi passa comme un soupir de contentement.

Si pour l’autre jeune fille qui travaillait en dehors de Bruxelles, il était difficile de venir aider régulièrement, je m’engageais pour ma part à me présenter tous les mercredis. Du moins jusqu’à ce que je déménage ou que je passe à temps plein.

Et toutes les semaines, j’allais avec mes bottes et le sourire rue Veeweyde parce que prendre soin de ces animaux me donnait le sentiment d’accomplir quelque chose, d’être utile. Et cela me rendait heureuse. Ne t’y trompe pas lecteur, le travail est ingrat : il faut surtout nettoyer des cages (et les hérissons, ça paraît mignon, mais ça ch*e énormément et ça ne sent pas la rose) ; on ne peut pas se lier d’affection pour les animaux sauvages  ou leur parler (ils doivent rester craintifs de l’homme), et ce même si ce lapin sauvage qui a été élevé comme un domestique ne demande que ton amour ; on ne peut pas s’y attacher non plus. En effet, ces animaux sont souvent condamnés et ont peu de chances de survivre même si le centre se targue de très hauts chiffres de réhabilitation (plus de 40% il me semble alors qu’ailleurs les chiffres tournent autour des 20-30%). Si un animal sauvage se laisse approcher et attraper, c’est qu’il est trop faible que pour pouvoir se débattre et s’enfuir.

"Je ne veux que ton amour"
« Je ne veux que ton amour »

Mais en dehors de tout ça, cette expérience m’a donné l’impression tous les mercredis d’accomplir quelque chose, de rendre un peu à la planète. Pourtant j’y ai surtout beaucoup reçu : des rencontres évidemment, avec d’autres bénévoles (au parcours plus divers les uns que les autres) avec Nadège, Corentin et les autres membres passionnés du centre ; beaucoup d’encouragements et d’expériences, et des connaissances en abondance. Tous les jours que j’ai passés dans ce centre, j’ai découvert quelque chose, sur moi, sur l’autre et sur ces animaux dont nous prenions tous soin. J’ai été indignée par ce que certains avaient vécu ; heureuse quand j’apprenais que des domestiques avaient été adoptés, et triste à la fois, car cela signifiait que les petits instants volés à jouer avec eux s’achevaient ; pleine d’incompréhension quand un animal mourait malgré les soins donnés ; extatique quand un autre était relâché.

Malheureusement, j’ai déménagé et il m’a fallu arrêter mes visites hebdomadaires, sans pouvoir vraiment dire au revoir ni merci pour ces trois mois si enrichissants. J’espère que cet article pourra retranscrire ne fut-ce qu’une once de la reconnaissance que j’ai pour le Croh, son équipe et ses bénévoles.

Ces moments, j’ai pu essayer de les illustrer dans quelques photos que je partage et qui vous donneront je le souhaite l’envie de tenter cette expérience. Le CROH recherche d’ailleurs toujours des personnes motivées ou des dons si cela t’intéresse ami lecteur.

 

 

3 thoughts on “Une de mes plus belles expériences 2015 : être bénévole au CROH

  1. Ce devait être effectivement une expérience formidable ! Enrichissante comme jamais… Et tu m’inspires. Il doit certainement exister de telle structure près de chez moi, où une autre association qui a besoin de bénévoles. Peut-être que ton article sera le petit coup de pouce dont j’ai besoin pour passer le cap ?

    1. En France dirige toi vers la LPO. Et j’attends un article sur ton blog si tu te lances dans l’aventure !

  2. Une belle expérience partagée où chaque ligne est une véritable caresse qui va à chaque petit animal qui a eu la chance de recevoir ton investissement. Bravo!

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