Grâce au soleil qui a brillé toute la journée hier, nous passons une nuit de nos premières nuits sans avoir froid. Il fait même plutôt chaud. Au matin, Paul et moi nous réveillons devant un spectacle apocalyptique : le double-toit de notre tente est couvert de midges. Une petite photo prise au téléphone pour vous donner une idée de ce qui nous attendait au réveil.

"On va vous manger tout crus !" semblent-elles dire.
« On va vous manger tout cru ! » semblent-elles dire.

Nous nous apprêtons comme nous pouvons à les affronter : pull, buff ramené sur le visage… Paul ouvre courageusement la moustiquaire qui nous sépare de ces monstres assoiffés de sang et… morts ! La chaleur à laquelle les midges sont très sensibles a dû les tuer pendant la nuit, et ce, sans te le cacher lecteur, à notre plus grand soulagement.
Nous pouvons donc sortir de la tente sans risquer de nous faire sucer le sang jusqu’à la dernière goutte. Mais évidemment, rapidement, de nouvelles légions de midges viennent prendre la place de leurs camarades décédés. C’est donc en compagnie d’une armée d’insectes que nous prenons notre petit-déjeuner.

Tobermory et sa distillerie nous attendent. Nous remballons donc les affaires afin de pouvoir faire une visite suivie d’une petite dégustation. À 10h du matin, oui oui. Enfin, du moins, c’est le plan. Mais vous vous êtes sans doute rendu compte qu’ici, rien ne se passe jamais tout à fait comme prévu. Et en effet, arrivés à la distillerie, nous constatons que si celle-ci est bien ouverte, les visites sont annulées pour le moment. Dommage, nous avions prévu de faire la visite avant de prendre un fish&chips dans un foodtruck que j’avais vu recommandé. Mais, le foodtruck n’ouvre pas avant 12h30, ce serait dommage de devoir attendre jusque là. D’autant plus que, vu que nous avons dû annuler le trek à cause du mauvais temps, nous avons deux jours d’avance sur le programme. On décidé alors de boire un chocolat chaud afin de discuter du plan d’attaque. Sirop de caramel pour moi et Baromm, marshmallows pour les autres. Le tout dans une ambiance cosy.

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Pour Paul et moi, c’est déjà notre troisième séjour en Écosse, on commence à connaître quelques coins sympas. On réorganise donc le programme. Direction Callander où nous connaissons une petite marche et surtout, un délicieux fish&chips qui vend une spécialité culinaire écossaise : le mars frit. À proximité se trouvent également Stirling, Doune et leurs châteaux.
Tout le monde est d’accord. Nous prenons donc la route vers le ferry. Les routes nationales en Écosse sont assez particulières : une seule bande avec des « passing places » pour pouvoir doubler ou laisser passer les voitures en face. La vitesse sur ces minuscules routes ? 95km/h. Un peu fou direz-vous ? Entièrement d’accord, mais les Écossais respectent ces limites !
Des toutes petites routes, à grande vitesse, avec un élément rigolo de plus : on est dans les highlands. Et les highlands, c’est plein de bestioles qui vivent et se déplacent et donc, parfois, traversent les routes.
Rassurez-vous, on n’a rien écrasé. Mais la présence de ces animaux entraîne l’apparition de panneaux assez sympathiques. Petit aperçu des panneaux auxquels on a eu droit. Je précise que ce ne sont pas mes photos, mais ce sont bien les panneaux officiels que nous avons vus.

Il y a aussi d’autres choses qui traversent les routes (panneaux toujours authentiques) :

Et donc après vous avoir diverti avec ces petits panneaux et vous avoir évité le récit d’un trajet inintéressant si ce n’est qu’on s’est retrouvés coincés dans un cortège funéraire, on retrouve le ferry et on embarque rapidement. Encore une fois, la lumière est magnifique, quoique pas autant qu’à l’aller, et je m’amuse assez durant la brève traversée.

De nouveau, une journée qui n’est pas des plus intéressantes, car après avoir roulé jusqu’au ferry, pris le ferry, être descendu du ferry, on roule encore 3h pour arriver à Callander.
Callander, c’est notre première année en Écosse, partis en randonnée avec des amis récents : Pierre, et Anna qui est malheureusement tombée malade et a dû être rapatriée. Callander, c’est le Loch Venachar près duquel on a fêté notre fin de randonnée avec un bon feu et du cidre. Callander, ce sont de beaux souvenirs :

Tout ça me rend nostalgique. À chaque fois que je vais en Écosse, je m’y sens bien. Je m’y sens presque chez moi en fait. Non non, ce n’est pas parce que j’ai les cheveux roux (même si c’est cool et que ça me vaut des nuits de camping gratuites parce que le proprio pense que « you look Scottish »). Si on me proposait d’aller travailler là-bas, et que Paul pouvait partir avec moi, j’irais sans hésitation. Qu’importe le mauvais temps, qu’importe les midges. J’apprendrais à préparer du haggis, j’élèverais des moutons et je parlerais comme Merida. Voilà petit lecteur, si ça t’intéresse je lancerais un kickstarter pour que tu m’aides à financer mon cottage en Écosse. En échange, je t’offrirai un pull fait de mes petites mains avec la laine de mes moutons.
Faut que j’apprenne à tricoter.

Mais, en attendant d’avoir mon cottage en Écosse, je me contente de la visiter. Dans ce cas précis : Callander, où nous nous rendons pour la troisième fois. C’est une petite ville qui commence à devenir touristique. On l’appelle « Gateway to the Highlands », car les gens qui se rendent dans le nord de l’Écosse y font souvent un détour. C’est une ville située à proximité de beaucoup d’attractions touristiques : le loch Lemond et le parc naturel des Trossachs, les châteaux de Doune et de Stirling…
Ces deux derniers sont au programme de demain, mais pour aujourd’hui, l’objectif est de faire une petite balade jusqu’au Lenny Falls, des rapides à quelques kilomètres de Callander.
C’est l’occasion également pour moi de faire des photos dans mon nouveau costume de Merida, transporté depuis la Belgique expressément pour photographier la princesse écossaise dans ses terres =B
Alors, on remplit nos sacs à dos : costumes, perruques… et différentes variétés de cidre afin de se désaltérer sur la route.
C’est une ballade simple et agréable, traversant des forêts semblables à la forêt calédonienne qui recouvrait auparavant près de 80% de l’Écosse : beaucoup de chênes, de pins, et une mousse verte et luxuriante. À nouveau, on croit se trouver dans la Bretagne des légendes arthuriennes. On profite donc bien, Paul se joue gentiment à faire le photographe et moi le modèle pendant que Sam et Baromm boivent leur cidre. Conclusions ? Le cidre c’est bon, je n’aime décidément pas poser sur des photos, et Paul n’aime pas non plus prendre des photos « mises en scène ». Mais vu que c’est un très bon photographe, il arrive quand même à prendre de jolies photos, où je n’ai pas complètement l’air d’une idiote.

C’est une balade simple, mais on s’y est pris tard, on a pris notre temps, et il n’est pas loin de 22h quand nous revenons à Callander. Direction le fish&chips… qui ferme sous nos yeux ! Tant pis, ce sera pour demain, on va acheter de quoi se faire plaisir à la Cooperative (une chaîne de supermarchés), et on rentre au camping se préparer un bon repas. Au camping, Baromm trouve des prospectus qui parlent d’une distillerie toute proche : la Glengoyne distillery. Il a justement offert du whisky glengoyne à son père pour son anniversaire. Il serait donc curieux de la visiter. En plus, ils proposent des visites qui motivent aussi très fort les deux autres garçons : le tasting tour où tu goûtes 4 whiskys tout en apprenant à les déguster. Pour ma part, une visite « whisky and chocolate matching » attire mon attention. Mais je n’ai pas envie d’être seule à faire cette dégustation, et goûter 4 whiskys, c’est un peu beaucoup à mon goût. Enfin, nous verrons bien.
Demain est un autre jour, l’un des derniers en Écosse. La fin approche déjà, trop vite à mes yeux, mais tout le monde sera quand même content de rentrer en Belgique pour y retrouver le soleil et un bon lit.

Attention : beaucoup de photos de moi

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