Après un bon petit-déjeuner, où nous réalisons que, quand même, on aura assez de nourriture pour le séjour, avec pas loin de 30 paquets de biscuits petit-déjeuner par personne, il est temps de replier les tentes (en compagnie des midges, qui commencent déjà à moins plaire à nos novices) et d’enfiler ses chaussures pour : La Lost Valley.

Tadam
Tadam

Alors non, ce n’est pas un film d’Indiana Jones (ou un niveau de Tomb Raider, je te vois venir petit lecteur), c’est, comme son nom l’indique, une vallée secrète (+1 point si tu l’avais deviné). Je suis sûre aussi que tu devineras à quoi elle servait quand je te donnerai son autre nom : Coire Gabhail. Non ? Ton gaélique serait-il un peu rouillé ? Bon allez, je t’aide : c’est le creux des butins. Car qui dit vallée secrète dit trésor. C’est en effet à cet endroit que le clan McDonald venait planquer ses prises de guerre.

Imagine l’enthousiasme des garçons à l’idée de découvrir un trésor. Directement la grimpette leur faisait moins peur. Après qu’ils aient épuisé toutes les blagues sur le trésor des McDonald (« des hamburgers volés au clan KFC » j’en passe et des meilleures), je brise leurs espoirs : les précieuses prises que le clan y cachait n’étaient autres que… des moutons. Bon, je suis peut-être un peu cruelle de leur annoncer ça comme ça, mais il faut que tu imagines le nombre de mauvais jeux de mots, et de « blagues » que j’ai eu à entendre pendant le séjour. Ça détendait.

D’ailleurs avant de se mettre en route, il leur faudra encore faire quelques comparaisons entre les trois sisters — les montagnes qui s’étalaient devant nous — et nos collines natales. Je te le donne en mille. Selon eux, « ça ne vaut quand même pas le mont Saint-Aubert ». Je peux t’assurer qu’après presque 400 mètres de dénivelé positif sur moins de 4km, le discours n’était plus le même.

Enfin, je me moque, mais avec mes capacités respiratoires de chihuahua (asthmatique bonjour), je ne suis pas fière non plus. On voit d’ailleurs s’organiser dès ce jour-là un running gag : Margaux prépare son Ventolin pour l’avoir pendant la rando, Margaux oublie son Ventolin (dans la voiture, la tente, le sac à dos…), Margaux le remarque bien évidemment au moment où elle en a le plus besoin — tu sais, quand la voiture n’est plus qu’un petit point au loin… et Paul qui n’a jamais voulu retourner jusqu’à la voiture pour le prendre (quelle honte).

Bref, ça, c’est pour la Lost Valley. Je te laisse profiter des photos. Car oui, si je reprends mon blog, c’est aussi parce que je peux enfin faire des photos « décentes ». Non, je blague, mais c’est vrai que je viens enfin de m’acheter mon nouvel appareil photo et que j’essaie vraiment de m’améliorer. Aussi, si tu as des commentaires, des remarques, des choses que tu aimes ou pas, fais-le-moi savoir. Et oui, si tu cliques sur les photos, elles s’affichent en grand et tu peux les commenter séparément. Je crois que tu peux même les liker maintenant, mais ne m’en demande pas trop, WordPress est passé par trois versions depuis la dernière fois que je l’ai utilisé.

Oh, petit détail que j’avais oublié de te préciser et Scotland Movie Locations Moment : GlenCoe te semblera peut-être un peu familier. C’est parce qu’on y a tourné Skyfall (je te laisse googler ça si tu ne vois pas quelles scènes). Et vu qu’on aime bien le recyclage en Écosse, c’est aussi un lieu de tournage pour quelques autres films comme Braveheart, Highlander, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, et… Sacré Graal des Monty Python (pour le Bridge of Death, mais nous reviendrons à ces gais lurons très prochainement). Bref, GlenCoe, c’est un endroit qui plaît aux cinéastes, et on comprend vite pourquoi.

Une fois montés, il faut redescendre.

Évidemment, la descente est animée par l’éternel faux débat : est-ce que c’est mieux de monter ou de descendre ? Alors c’est un faux débat parce que quand tu es en train de descendre tout le monde est d’accord pour dire : « Ah ben oui, mais, quand tu descends, ça abîme vraiment les genoux. C’est dangereux pour les articulations. Moi je préfère monter plutôt que descendre. »
N’empêche que je n’ai jamais entendu personne dire ça quand il était en train de monter. Personne n’a envie d’aborder la question quand tu es en train de monter : tu n’as pas assez d’oxygène pour la poser ou pour y répondre. Preuve que monter c’est dur. Je n’ai déjà pas assez d’oxygène pour marcher alors pour parler…
Donc le débat est clos pour moi : ce n’est ni mieux de monter, ni mieux de descendre. Soyons honnêtes. Le mieux, c’est de marcher sur du plat. Point [oui enfin on est d’accord que je parle d’un point de vue physique, mais marcher sur un terrain plat est loin d’être le plus intéressant].

Petite réflexion en passant pour les McDonalds : à mon avis, ce n’est pas tant qu’elle était secrète votre vallée. Tout le monde savait où elle était, c’est juste que personne n’avait le courage de monter là-haut pour récupérer des foutus moutons.


Bref.

Le plan après être redescendus, c’est de se diriger vers Skye en prenant le pont à Kyle of Lochalsh. Mais avant cela, je propose à nos amis un petit détour et Scotland Movie Locations Moment : le castle Stalker que toi, cinéphile averti et homme/femme de bon goût, tu connais sûrement comme étant le Castle of Aaargh de Sacré Graal. Je t’avais bien dit qu’on reparlerait très vite des Monty Pythons.

On s’est donc rendus à un café qui s’appelle le « cafe stalker view » pour voir le château et manger un bout. Avec un nom comme ça tu t’attends quand même à une vue magnifique. On a été un peu déçus, mais on a bien mangé alors ça va. Et surtout, on était à l’abri de la pluie. Car oui, les novices ont enfin compris pourquoi j’avais fait laminer les cartes de randonnée : la pluie en Écosse est impitoyable. Elle est là tout le temps, et tout ce qu’elle peut mouiller, elle le mouillera.

Bref, on a vu le château de loin, et on a mangé au chaud. On ne s’est pas approchés davantage, car les visites de château en Écosse sont généralement assez onéreuses. En effet, les musées sont presque tous gratuits, mais quand tu veux visiter un château tu dois généralement débourser entre 10 et 20 pounds. Le château Stalker est en plus un peu particulier : il est encore tenu par un châtelain qui organise les visites et n’est de plus accessible qu’à marée basse. En plus, un autre château nous attendait sur la route, nous ne nous sommes donc pas attardés.


Un peu avant Kyle of Lochalsh et le pont pour Skye, nous passons effectivement devant Eilean Donan Castle. Encore un Scotland Movie Locations Moment. Eilean Donan Castle est considéré comme un des châteaux les plus romantiques d’Écosse et est l’un des plus photographiés. Il fallait donc bien qu’il apparaisse aussi dans quelques films, en l’occurrence beaucoup de films que je n’ai pas vus (Bonnie Prince Charlie, Black Angel...), mais aussi quelques connaissances : Highlander, Elizabeth: the golden age (mais siiii, avec Cate Blanchett), et encore un James Bond, The World is not enough.

De nouveau, on n’a fait que se balader autour, sans rentrer dedans (l’heure des visites étant de plus passée). Cela nous convient très bien, car le soleil a enfin décidé de sourire un peu aujourd’hui et on profite du soleil en vagabondant chacun à notre rythme. Mon rythme s’accorde très bien avec celui de Sam : je prends des photos du château pendant que lui… toque aux portes du château. Je crois dans l’espoir que le fantôme du château lui ouvre. Je n’ai pas le courage de lui dire que même s’il y a un fantôme dans le château qui veut lui ouvrir la porte, il y a de grandes chances que sa main ectoplasmique ne fasse que traverser la poignée.

Évidemment, je vous le donne en mille, en passant devant la grande porte du château, Sam a dû frapper pour que le fantôme vienne lui ouvrir. Et là, quelle n’est pas notre surprise quand le fantôme vient nous ouvrir la porte. Enfin fantôme je ne sais pas, mais vu son apparence ç’aurait très bien pu être un ancien chef du clan McLeod. En tout cas, très gentil pour un fantôme, il m’a laissé prendre une photo de Samuel et de lui et a même pris la peine de retirer sa veste pour qu’on profite bien de sa tenue sur la photo — mmh, à la réflexion je ne pense pas qu’un fantôme aurait besoin d’un manteau. Il nous a ensuite invités à revenir pour visiter l’intérieur du château, expliquant à quel point son histoire était fascinante et remplie d’anecdotes sur les gens qui y ont vécu (peut-être bien fantôme quand même alors). Malheureusement, vu notre programme serré, nous n’aurons pas l’occasion de revenir visiter le château et c’est bien dommage.

Bonus : Samuel et le fantôme du château. D'ailleurs il apparaît sur les photos, donc ce n'est peut-être pas un fantôme. Ah non, c'est les vampires ça.
Bonus : Samuel et le fantôme du château. D’ailleurs il apparaît sur les photos, donc ce n’est peut-être pas un fantôme. Ah non, c’est les vampires ça.

Après cette belle aventure qui nous a fait rire aux larmes, nous reprenons la route et passons le pont pour Skye. Nous voilà sur l’île où nous allons concentrer nos efforts de randonnée. Nous prenons déjà la voiture jusqu’au départ de notre randonnée de demain, Les fairy pools. J’espère trouver là un endroit où camper (camping sauvage, car il est autorisé en Écosse). De fait, juste à côté du début de la rando ce n’est pas possible, mais juste avant, nous avons croisé un parking dans la forêt avec une grande étendue d’herbes où nous avons vu une tente. Nous allons donc rejoindre ces gens, d’autres amis randonneurs sans doute. À notre arrivée près du parking, nous voyons une voiture démarrer. Il semblerait que les campeurs aient préféré partir. Nous comprenons rapidement pourquoi : l’endroit est infesté de midges, mais il est tard et nous décidons de quand même planter notre tente. Un feu nous permettrait d’éloigner ces bestioles, car ces monstruosités ont des points faibles : elles ne supportent ni la fumée, ni la chaleur, ni le vent. Vous comprenez donc pourquoi elles se plaisent en Écosse : il fait froid, il pleut, et quand il pleut depuis 5 jours, c’est dur d’allumer un feu. Ce sera malheureusement notre grande déconvenue de la journée : le bois est tellement humide qu’il est impossible d’allumer un feu et rien n’empêche ces abominations de venir nous sucer le sang. Après un repas beaucoup moins agréable que celui du midi — les riz préparés de l’oncle Ben nous ont déçus—, nous nous couchons rapidement espérant que, par miracle, un répulsif magique apparaisse dans la nuit. Tu t’en doutes ami lecteur, ce n’est pas près d’arriver.

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