C’est enfin les vacances. On y pense toute l’année, on en rêve, on les organise pour les faire coller du mieux qu’on peut à ces rêves, selon le budget, selon le temps. Au final, c’est toujours différent de ce qu’on a imaginé, c’est mieux, c’est moins bien, souvent un peu des deux.

Je n’ai pas dérogé à la règle. L’année passée, je suis royalement partie trois jours. Alors cette année, mes vacances j’en avais besoin : alors, comme beaucoup de gens, j’en ai rêvé, je les ai organisés méticuleusement, et c’était différent de ce que j’avais imaginé. C’était incroyable. J’ai eu la chance de partir dans un groupe de quatre personnes : le Groumpfouh (Paul pour les moins intimes, une chose bourrue), le Sam (une espèce de gros ours en peluche, ou un bouddha tout zen), le Baromm (le geek à éloigner de son ordinateur), et moi (ou la fille du groupe et dictatrice autodésignée).

Une belle bande de vainqueurs

Paul et moi comptions de toute façon partir en Écosse. Bon je l’ai peut-être un peu forcé, mais promis, l’année prochaine on va dans les alpes. Et on a voulu faire découvrir ce pays qu’on aime (moi en particulier) à des gens qu’on aime aussi. Le sort est tombé sur Jérôme et Sam. Bon, on ne les a pas trop forcés non plus.

Et nous voilà donc quatre à partir sur les sentiers de randonnée écossais. Pour Baromm et Sam, c’était le premier séjour en Écosse (si l’on excepte Édimbourg pour Samuel). Paul lui, il est content quoi qu’il arrive. Donc, en maniaque de l’organisation que je suis, j’ai eu le plaisir de pouvoir organiser le voyage de A à Z (ouihihi) : comment y aller, que faire là-bas, quel sentier emprunter, que manger, quand aller aux toilettes, quand respirer… Bref, je me suis beaucoup amusée, mais je ne vais pas vous révéler le programme maintenant, ce serait gâcher la surprise. J’avais quand même demandé à tout le monde s’ils avaient des envies particulières. Samuel n’a eu qu’une requête : voir Nessie. En bonne petite chef suprême de mon empire imaginaire, j’ai pris sur moi de tout faire pour satisfaire à cette demande. Un petit détour par le Loch Ness s’imposerait donc.

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Des fois dans ma tête c’est un peu ça

Après deux réunions — une pour présenter le programme, l’autre pour voir si toutes les affaires rentraient dans la voiture — nous nous retrouvons la veille du départ. Quelques blagues fusent encore sur le fait que j’ai laminé les cartes de randonnée (oui cher lecteur [j’imagine que tu es au moins un], et j’assume tout à fait, vous verrez pourquoi). Et vu que je ne suis pas seulement la princesse toute puissante de mon pays imaginaire, j’aime aussi les princesses. Et j’aime Disney, et j’aime Pixar. Et la veille du voyage, c’était la sortie de « Inside Out ». Donc il fallait qu’on aille le voir. Et vu qu’on devait quitter Bruxelles à 3h du matin pour avoir notre ferry à 6h du matin, on a profité de la dernière séance.


Pour faire un petit détour par le film :

Pour la première fois, j’ai été déçu par le court-métrage de Pixar Lava. Il y a une règle d’écriture que Pixar a l’habitude d’appliquer à la perfection « Show, don’t tell » [Montre, ne le dis pas]. Cette fois-ci, ils s’y sont pris à revers : les images ne te racontent pas l’histoire, c’est un narrateur à travers la chanson. Une histoire qui soit dit en passant n’est pas de plus passionnante, même si le concept de base est sympathique. Bref, on a l’impression qu’ils ont eu une idée de départ, un jeu de mots sur « someone to love/lava », mais qu’ils n’ont pas réussi à l’exploiter.

C’est un peu la peur que j’avais avec Inside Out. Et je reste un peu sur cette impression malgré que j’aie passé un bon moment. Le concept ici est très bien exploité : et si vos émotions… avaient des émotions ? C’est très touchant et Pixar ose aborder des sujets que l’on ne voit pas souvent dans les films pour enfants, mais on perd un peu le côté tout public de Pixar, et j’ai peur que cela passe au-dessus de beaucoup d’enfants. J’ai adoré le film, mais je lui ai trouvé quelques longueurs : qu’est-ce qu’on va faire pour tenir éloigner nos personnages le plus possible de l’endroit où ils doivent se rendre ? On va leur montrer qu’il y a quatre chemins, et l’un après l’autre on va les détruire. « Et si on essayait chemin 1 » « Allons-y. Ah ben non il est cassé. », « Et si on essayait chemin 2 » « Allons-y. Ah ben non il est cassé. » Mon reproche principal c’est donc quelques longueurs. Elles sont pourtant nécessaires, car elles nous permettent de voir la situation dégénérer dans la tête de Riley quand Joy et Sadness en sont éloignées. Mais je crois qu’on aurait pu trouver quelque chose de mieux pour occuper ces deux derniers personnages plutôt que de les faire courir d’un bout à l’autre du cerveau.

Bon d'accord,j j'adore ces personnages
Bon d’accord,j j’adore ces personnages

Après quoi, en ayant le jingle de Triple Dent Gum en tête (lecteur, si tu as vu le film tu sauras de quoi je parle), nous rentrons à la maison pour tout faire rentrer dans la voiture. Petit moment de panique quand on se rend compte que toutes les affaires qui rentraient parfaitement dans la voiture une semaine plus tôt, débordent aujourd’hui. Mais grâce à Paul et à sa maîtrise de Tetris, tout finit par rentrer. Ouf.

Oui, autant vous prévenir, mais ce premier jour est loin d’être le plus passionnant du voyage.

Bref. En route vers Dunkerque. Heureusement, nous sommes finalement partis assez tôt, car nous nous retrouvons coincés sur une bande dans une file de camions tandis que des voitures foncent dans l’autre sens. On attend là pendant presque une heure. En fait, apprenons-nous plus tard, il y a eu  une agression de migrants sur un camion, ce qui a entraîné une grève qui a bloqué l’accès au tunnel sous la manche pour les camions, qui se rabattent sur le ferry où les contrôles sont intensifiés et où l’attente est donc très longue. Rien qui nous concerne donc, mais lorsqu’on n’est pas au courant de la situation et que sur la seule autre bande des voitures viennent très rapidement dans l’autre sens, on hésite à bouger. Jusqu’à ce qu’un chauffeur de camion nous explique que seuls les camions sont concernés et qu’on peut avancer. Prudemment, ayant peur de ce qui pourrait arriver en face, nous avançons. Sur le chemin on croise une bonne dizaine de voitures, hésitant comme nous à s’engager et restant dans la file des camions. Heureusement, on s’y est pris à l’avance, et on profite du ferry pour dormir un petit peu.

Puis, route toute la journée, jusqu’à remonter à GlenCoe. On fait un petit détour par le lake district que je rêve de visiter. Pour notre part on se contente de s’arrêter à une station-ferme d’autoroute. Oui oui tu as bien lu, c’est une ferme qui sert aussi d’aire d’autoroute. Tu peux donc acheter des produits de la ferme et des préparations maison (des biscuits qui avaient l’air mmmmh). Rien qu’une aire d’autoroute peut te donner une idée de ce qui t’attend dans le reste de ce parc national. J’espère y aller un jour. Paul lui, espère bien aller y faire de la moto.

Le lake district vu d’une aire d’autoroute :

Enfin, en soirée, on arrive à GlenCoe. Pour se simplifier la vie, on décide d’aller au camping, car il est tard et qu’après toute cette route, on aimerait prendre une douche. Samuel et Baromm ont le plaisir de déjà découvrir les « midges », c’est infâmes petites mouches écossaises dont le passe-temps préféré est de vous sucer le sang. « Oh ben ça va » disent-ils « je préfère ça que les piqûres de moustique ». Pauvres innocents ! Pour leur défense, contrairement aux moustiques, les piqûres de midges font mal sur l’instant, mais on ne sent plus rien après. Mais ce qu’ils ont eu là n’est qu’un avant-goût de ce que sont vraiment les midges. Dans quelques jours, ils regretteront leurs paroles.

Une bonne nuit de sommeil est la bienvenue, car à partir de demain commence la vraie aventure avec la Lost Valley.

Vue du camping. Ah oui, il pleut.

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