Il y a deux choses que j’aime passionnément, bien que je sois très fainéante et que je ne m’y adonne pas autant que je le voudrais : la lecture et l’écriture.
L’automne, c’est un peu la saison pour se replonger dans ces activités cocooning : il fait gris, on a envie de s’enrouler dans une couverture et de regarder les feuilles tomber en méditant, ou on peut aussi s’installer avec un bon livre ou un carnet et un stylo au coin du chauffage (ou de la cheminée pour les plus chanceux).

Et ça tombe plutôt bien, car il y a deux projets qui m’intéressent qui débarquent avec cette belle saison. L’un est annuel, lié à l’écriture et c’est la deuxième fois que j’y participe : le Nanowrimo. L’autre c’est une box qui devrait être organisée tous les mois et dont le premier envoi se faisait en ce début d’octobre : La Kube. Commençons par cette dernière.


Côté Lecture : La Kube

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La Kube c’est un projet que j’ai découvert un petit peu par hasard, mais qui a très vite éveillé mon intérêt : une box lecture comme j’en rêvais (ou à peu près). Le principe : selon les envies que vous avez formulées lors de votre commande, une librairie indépendante vous sélectionne un livre sur mesure et vous l’envoie accompagné de quelques goodies. C’est le rêve ça non ?

J’étais super emballée par le concept, et j’en ai fait un peu (beaucoup) la pub sur Facebook, en attendant l’ouverture des commandes. Il faut croire que je n’étais pas la seule intéressée, car très vite, les 1000 Kubes, mises à disposition pour le premier envoi, étaient réservées. Heureusement pour moi, je faisais partie des élus.
C’est là par contre qu’on a vu arriver les petits soucis sans doute liés à un succès un peu inattendu : le site Internet a eu quelques soucis. Apparemment certaines personnes n’ont pas reçu de confirmation de commande ou n’ont pas pu commander. Pour ma part, j’ai eu deux choses qui m’ont dérangé. Tout d’abord, la première chose à faire en arrivant sur le site, c’était d’entrer ses données bancaires pour le paiement sans même pouvoir se faire une idée du processus de commandes. Plusieurs personnes ont soulevé le même problème, et je pense que ce serait quelque chose qui pourrait être facilement réglé. Ensuite, un peu plus embêtant, mais de nouveau ce ne sont que les débuts du site : après avoir rentré toutes mes envies en détail et tout validé… tout a été effacé 🙁 Bon au final cela m’aura permis de reformuler plus clairement ce que je voulais, mais ça a quand même été une belle perte de temps.

Ma Kube commandée, venait l’attente. Tous les jours j’allais voir sur le site où en était ma commande, jusqu’au jour où… mon mot de passe n’a plus fonctionné ! Panique totale. Heureusement, j’ai envoyé un petit mail, et quelques jours plus tard, le souci était réglé. Mais décidément, j’ai maudit ce site. En dehors de ces soucis techniques, il est pourtant sympa et accessible. On peut y entrer ses listes de lecture Babelio ou Goodreads afin que le libraire puisse les parcourir, savoir ce que vous avez déjà lu et éviter un doublon. Le livre qu’on a déjà… J’avoue que ça m’a inquiétée. Kube offrait la possibilité de valider le choix du libraire avant l’envoi, mais je voulais vraiment la surprise et j’ai donc tenté le coup. En plus, plus j’attendais, plus je m’inquiétais. Les Kubeurs français recevaient petit à petit leur boîte et les premières réactions fascinées laissaient place à des commentaires plus négatifs : « pas de choix original » « goodies inutiles et publicitaires »… Et j’avoue que même quand les gens étaient contents, j’étais sceptique : « Non, mais le libraire t’as envoyé L’enchanteur de Barjavel/La nuit des temps de Barjavel/La reine des damnés d’Anne Rice. Ce sont des classiques ! Tant mieux pour toi si tu ne les as jamais lus, mais moi oui et je ne veux pas d’un livre aussi connu ! ». En même temps, je me disais que j’avais assuré mes arrières : là où le formulaire de commande demandait d’indiquer les derniers livres qu’on avait lus, j’en ai bien indiqué vingt-cinq au lieu des trois demandés ; histoire que le libraire comprenne à qui il avait affaire (en l’occurrence une lectrice difficile et bornée).

Pour nous faire patienter, Kube nous présentait les libraires sélectionnés. Aaaah les petits libraires indépendants. Sauf que quand ce fut le tout de la librairie belge, on nous a présenté… Filigranes ! Alors je ne sais pas pour toi ami lecteur, mais Filigranes, comme beaucoup d’autres Kubeurs belges, ce n’est pas l’idée que je me fais de la petite librairie indépendante ! C’est loin d’être la Fnac, et c’est vrai que les employés s’y connaissent plus qu’en grande surface, et que j’aime beaucoup y aller, mais ce n’est pas le genre de magasin que je pensais soutenir financièrement en achetant une Kube. Au final, ce sera sans doute ma plus grosse déception quant à cette box, même si le choix que le libraire a fait s’est avéré fantastique.

Ouihihihihi
Ouihihihihi (machine à écrire non-incluse dans la Kube)

Oui ça y est, je peux le dire, car j’ai pu aller récupérer ma box à la poste ce matin ! Le choix du libraire est tout simplement parfait ! J’avais demandé, compliquée que je suis, un roman de fantasy (encore un), mais qui contienne de la poésie ayant trait à la nature, ou au moins de la poésie, ou en dernier recours, une forte présence de la nature. J’avais aussi précisé que je voulais de la fantasy « sérieuse » et que la chick-litt ce n’était vraiment pas pour moi, donc exit les twilights. Et dans ma box se trouvait Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski. Premier bon point : je n’avais aucune raison de m’inquiéter, car je ne connais pas ce livre et il a l’air super. Deuxième bon point : sur l’échelle de surprise (de 0 à 10), j’avais mis un sept qui pour moi voulait dire « surprends-moi un peu, mais pas trop non plus », et la surprise, je ne sais pas si elle est voulue ou pas, est très chouette : Janua Vera n’est pas un roman, mais un recueil de nouvelles qui se passent toutes dans le même univers ! Troisième (extra) bon point : j’avais mis dans les livres que j’avais lus Les trois mousquetaires et Le capitaine Fracasse et je pense que le libraire y a fait attention, car selon les critiques que j’ai regardées en vitesse et le dos de couverture, le style de Jaworski fait très cape et d’épées et Alexandre Dumas.  Et enfin, dernier bon point, est-ce que ça correspond à ma demande ? Oui, on dirait, même sans l’avoir lu : chaque nouvelle s’ouvre sur un poème, non de l’auteur ou d’un personnage, mais d’un véritable poète. La romaniste en moi a éclaté de rire en ouvrant le livre et en voyant à la première page un extrait de Saint-John Perse… Madame Frédéric sortez de ce corps ! (Pour les non-initiés : nous avons à l’ULB une enseignante obsédée par cet auteur et qui se retrouve dans la totalité de ses cours). Un peu plus loin, la médiéviste que je suis a versé une petite larme en voyant un extrait de la Griesche d’yver de Rutebeuf. D’ailleurs c’est tellement beau que je vous le mets :

Griesche ne me lest en pais
Moult me desroie,
Moult m’assaut et moult me guerroie;
Jamés de cest mal ne garroie
Par tel marchié.

Après ça j’ai encore aperçu du Eluard, du Borges… Le choix du libraire semble parfait, mais je vous le confirmerai une fois que j’aurai fini de lire toutes ces nouvelles !

 

En bref :

Points négatifs

  • Les problèmes techniques du site et le fait de ne pas pouvoir voir ce qui nous attend avant l’achat
  • Le choix de la librairie belge : c’est une bonne librairie, mais on ne peut pas parler de petites librairies indépendantes
  • Les goodies : moi en soit c’est vraiment le livre qui m’intéressait donc je m’en fiche un petit peu, mais ce n’est pas pour autant que je veux en être privés, alors j’aimerais savoir où est mon bon Printic 🙁
  • Les délais très longs : j’ai commandé ma Kube aux alentours du 13 septembre (?!) et elle n’est arrivée chez moi que le 22 octobre.

La plupart de ces points négatifs sont principalement dus au fait qu’il s’agissait de la toute première édition de la box. J’imagine que très prochainement tout sera réglé et cela ne doit pas t’empêcher de commander une box mon lecteur. D’ailleurs, quand j’aurai le budget, j’en recommanderai une pour comparer.

Points positifs

  • Livre très très bien sélectionné par le libraire et qui respecte tout à fait mes demandes tout en me surprenant. Vraiment bravo !
  • Le design Kube : la boîte, le site… J’aime. Ce n’est pas crucial, mais c’est important un site qui ne nous écorche pas les yeux ^^
  • La réactivité de l’équipe Kube : un problème, une question ? Ils réagissent très vite et s’assurent que tout se passe bien. Chapeau.
  • Le concept : un livre personnalisé sélectionné par un libraire indépendant.

 

En conclusion, malgré mes craintes le résultat est à la hauteur du projet. Certaines personnes se sont plaintes du prix : 15€ pour recevoir un livre de poche, mais je crois qu’ils oublient tout ce qui est mis en place là derrière : l’équipe, la mise en place et la gestion d’un site web, les boîtes d’expédition, les accords avec les librairies, les frais de port… Tout cela est également inclus là-dedans et pour moi cela vaut bien 15€ ! En plus je ne dois pas faire la file à la caisse du magasin.
Comme je le disais, je crois que dès que j’aurai les moyens et qu’une commande sera proposée, je retenterai l’aventure pour vérifier mes premières impressions. Je t’encourage à faire de même si le projet t’intéresse mon petit lecteur !
Si je devais donner une note à la box maintenant, ce serait un bon 8/10 🙂
Bref, j’ai hâte de le lire et je vais d’ailleurs m’arrêter là pour pouvoir me plonger dedans !


Côté écriture : Nanowrimo

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Nanowrimo. Ce nom barbare signifie National Novel Writing Month. Comme son nom l’indique, le concept du Nanowrimo, c’est un mois d’écriture qui a lieu chaque année au mois de novembre. L’objectif ? 30 jours pour écrire 50.000 mots. Normalement un travail original de fiction, mais après, rien ne vous empêche de devenir un « rule breaker » et de l’utiliser comme certains pour donner un boost à votre mémoire ou poursuivre votre autobiographie.

J’ai pour ma part découvert ce concept l’année passée… Le 3 novembre… J’ai donc participé, mais c’était déjà mal embarqué. En effet, Nanowrimo c’est un véritable challenge. 50.000 mots en 30 jours, ça fait environ 1667 mots par jour. Pour donner un exemple, cet article fait jusqu’ici : 1750 mots (je ne vous mens pas, ça ne pouvait pas tomber mieux). « Oooh mais ça va ». Ca va oui, sauf que si un jour tu n’écris pas car tu passes la journée à la mer/au travail/dans les bouchons, le lendemain, tu as déjà 3334 mots à écrire. Et si tu brosses un second jour c’est 5000 mots ! Pour beaucoup, c’est là que se trouve la difficulté.

Pour moi, elle est là mais aussi ailleurs. C’est d’ailleurs cette difficulté que j’ai rencontré lors du précédent Nanowrimo qui m’a poussé à reprendre ce blog. En effet, je ne sais plus comme lorsque j’étais plus jeune, laisser couler mon écriture. Elle bloque, je reviens fréquemment sur une phrase, parce qu’elle ne sonne pas bien, parce que je ne trouve pas le mot juste, parce que je n’arrive pas à exprimer une idée de façon concise. Alors qu’avec ce blog, j’écris tout d’un jet et je ne me relis (presque) pas. Tu dois d’ailleurs le ressentir et je m’excuse petit lecteur, mais il faut que j’apprenne à libérer mon écriture. si je me concentre trop dès le début sur la manière dont je veux dire les choses, je finis par ne rien dire du tout. Je me frustre et je compense en faisant autre chose : « tiens si je faisais une fiche-personnage » « et si je cherchais des images qui correspondent aux lieux que j’imagine » « quelle musique irait bien dans cette histoire ? ». Bref, je fais tout sauf écrire, tout en essayant de me donner bonne conscience.

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Alors tu imagines que l’année passée, en débutant le Nano avec déjà deux jours de retard et en butant comme un canard boiteux sur toutes mes phrases, je n’ai pas accompli le challenge. Malgré le concept qui me plaisait beaucoup, je me suis découragée, et le trentième jour, mon compteur était arrêté à un peu plus de 32.000 mots.

Cette année, je suis motivée à bloc et je vais faire de mon mieux. Tant pis si je n’arrive pas à 50.000 mots, le principal c’est de me battre moi-même. Et puis cette année, je ne suis pas seule. Comme je l’ai dit, l’année passée j’ai découvert le principe en cours de route et je me suis lancée tête baissée dans l’aventure. J’étais seule. Or Nanowrimo, ça ne doit pas (forcément) être une activité solitaire. Il y a des forums, mais aussi des groupes Nano régionaux, qui organisent des rencontres, des soirées d’écriture, des conférences parfois.
Cette année, je suis donc sur le groupe des Nanoteurs belges. Le 31 décembre, juste avant le départ du Nano donc, ils organisent une soirée Kick-off afin de pouvoir tous se rencontrer et à partir de minuit entamer le défi d’écriture ensemble. Je ne saurais malheureusement pas y aller, car je vais déjà à une super soirée Halloween à Paris. Ils prévoient également une soirée de rencontre le 27 octobre au Schrodinger, un bar bruxellois, et il faudrait seulement que j’arrive à vaincre ma timidité naturelle pour m’y rendre alors que je ne connais personne. En dehors de ça, dans le groupe tout le monde se présente, pose ses questions ou indique des ressources. L’ambiance a l’air très conviviale et je suis heureuse de savoir que j’aurais des gens à qui m’adresser en cas de problème.

Mais si toi aussi petit lecteur, tu veux te lancer dans l’aventure, n’hésite pas à m’en parler ou à me faire part de tes doutes. Si tu es motivé, je suis même prête à organiser des journées d’écriture chez moi ! Et — argument qui tue — je ferai même des gâteaux !

Non, mais sérieusement, Nanowrimo c’est un challenge personnel, il n’y a personne à battre au contraire, le but c’est d’écrire le plus possible. Il y a d’ailleurs des compteurs par région !

J’ai entendu beaucoup de gens me dire « je n’en suis pas capable » ou « je ne sais pas écrire ». À la première réaction je répondrais : ce n’est pas grave, essaye au moins, dans tous les cas tu pourras être fier au moins d’y avoir participé, même si à la fin tu n’as écrit « que » 5.000 mots, c’est toujours mieux que 0. La deuxième crainte, je la comprends, mais Nanowrimo est là justement pour prévenir cette peur : ça va être un peu bizarre à dire, mais l’important, c’est la quantité, pas la qualité. On oublie souvent qu’un roman ne s’écrit pas d’un seul jet, qu’il y a énorme travail de l’auteur après coup pour corriger, ajouter, trancher, reformuler. Mais tout roman commence par un brouillon, une idée sur le papier. C’est ça que vise le Nanowrimo.

L’important ce n’est pas de savoir écrire, mais de vouloir écrire. Si tu as une idée qui démange ta plume, tente l’aventure, tu n’en ressortiras que grandi.

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Evidemment, cet article n’est qu’une présentation vu que le Nanowrimo ne commence pas avant plus d’une semaine, mais je voulais te présenter le projet mon ami lecteur, et j’espère que peut-être il t’invitera à tenter l’expérience.

 

 

 

 

Photos qui ne sont pas de moi cette fois, si ce n’est celle de ma Kube 😉

2 thoughts on “Lecture et Ecriture : La Kube et le Nanowrimo

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