Ma petite soeur adorée, voilà le discours de cette magnifique journée du 24 juin, jour de ton mariage. Ton mari est déjà parti, moins d’une semaine après le mariage. Tu le rejoins dans quelques mois, alors en attendant nous profiterons de ce dernier été ensemble.

 


Bonjour à tous, merci d’être venus aujourd’hui célébrer Émilie et Martin. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis Margaux, la grande sœur d’Émilie.

 

Quand Émilie m’a demandé, pour mon plus grand plaisir, d’être sa témoin, j’ai réalisé qu’il me faudrait, inévitablement, rédiger un discours. Ceux qui me connaissent sauront que j’adore écrire, mais étrangement, quand il s’est agi de ma petite sœur et de son mariage, les mots m’ont manqué.

 

Je n’avais pas envie de la perdre, de la voir disparaître à l’autre bout du monde au bras de ce freluquet (j’exagère à peine) certainement pas envie de dire adieu à nos après-midi passés à faire de la pâtisserie, à chanter du Disney, à discuter devant un film, à bricoler. Bref, à être deux sœurs. Même si ce n’était pas toujours le grand amour, comme deux sœurs. J’ai d’ailleurs des cicatrices pour le prouver. Un conseil Martin, si Émilie est fâchée envers toi, ne la laisse pas trop s’approcher : elle peut devenir violente, et même mordre, du moins quand elle avait 6 ans.

On ne s’entendait pas forcément, mais on a grandi ensemble, à travers de nombreuses choses, dans la joie comme dans la tristesse.

 

Elle est celle que je vais voir pour me conseiller et m’aider, en toute honnêteté.

Elle est celle qui supporte mes petites excentricités, et me comprend.

Je peux rire et pleurer avec elle, lui partager mes secrets et mes rêves.

Elle est mon amie de toujours, ma meilleure amie, elle est ma sœur.

 

Et vu que je ne veux pas m’en séparer, j’ai décidé de briser le mariage, pour qu’Émilie ne s’en aille pas. Du moins c’était le plan initial. Car quand elle m’a demandé de faire un discours, ma soeur a oublié une chose : c’est que sije la connais depuis 24 ans, Martin je le connais depuis à peu près aussi longtemps. Durant toutes mes maternelles, mes primaires, et même mes secondaires, il ne m’a pas lâché d’une semelle. Alors je me suis dit : je vais lui raconter toutes les horreurs que Martin a commises depuis la maternelle. S’il me tirait les cheveux à 4 ans, je suis sûre qu’elle ne voudra pas l’épouser maintenant. Et j’ai réfléchi à tous ses défauts. J’ai très longuement médité. Mais de nouveau, les mots ne me sont pas venus.

 

Car les seules choses auxquelles je suis parvenue à penser n’allaient pas m’aider dans mon plan diabolique. Que voulez-vous que je fasse avec ces souvenirs-là ?

  • J’aurais voulu montrer qu’il était égoïste, mais non : Martin, quand nous étions en cours d’anglais ensemble, me donnait ses bons points afin que je puisse récupérer des récompenses auprès du professeur.
  • J’aurais aimé prouver qu’il était inconstant, mais d’aussi loin que je me souvienne, sa chambre était déjà décorée de maquette d’avion et il voulait déjà être pilote. Est-ce qu’il a abandonné ? Eh non, c’eut été trop facile, il a évidemment suivi son rêve jusqu’au bout. Sur ce point-là, je me suis d’ailleurs dit qu’Émilie aurait à en apprendre, elle qui a voulu être tantôt marchande de bonbons, fleuriste, et j’en passe, pour finalement devenir institutrice maternelle, et primaire tant qu’à faire.

Et là j’ai compris : Martin peut apporter beaucoup à Émilie, et Émilie peut également amener de nombreuses choses à Martin.

J’ai compris

Qu’à deux, ils peuvent se conseiller et s’aider, en toute honnêteté.

Que mutuellement, ils peuvent supporter leurs petites excentricités, et se comprendre.

Qu’ils peuvent rire et pleurer ensemble, partager leurs secrets et leurs rêves.

Qu’ils sont amis si pas depuis toujours, pour toujours, plus que des amis, qu’ils sont maintenant mari et femme.

 

Martin ne m’enlève pas ma sœur. Ce n’est pas Émilie qui s’éloigne, mais notre famille qui s’agrandit.

Et rappelez-vous que cette grande famille, Maman, Papa, Alain, Isabelle, Pierre, Vincent, Pauline, Charlotte, Maxime, Paul et moi, nous serons peut-être à des milliers de kilomètres, mais à partir d’aujourd’hui et pour tout le reste de votre vie, vous serez plus proches dans nos cœurs que vous ne l’avez jamais été.

 

Émilie, Martin. Je vous souhaite de poursuivre vos rêves à deux, d’être toujours généreux et honnêtes l’un envers l’autre. Et surtout, je vous souhaite d’être heureux, en Belgique, à Doha ou ailleurs.

Félicitations à vous deux.

 

 

 

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