The Road goes ever on and on
Out from the door where it began.
Now far ahead the Road has gone,
Let others follow it who can!
Let them a journey new begin,
But I at last with weary feet
Will turn towards the lighted inn,
My evening-rest and sleep to meet.

« Road goes Ever on », The return of the king, J.R.R. Tolkien

Dans cet article, deux journées pour le prix d’une ! Car oui, ils sont arrivés nos derniers jours en Écosse (buhuhuh), mais ça ne nous empêchera pas de les charger d’activité.

Tout d’abord, direction le château de Doune. Ce château est l’un des rares dont la visite ne coûte pas trop cher : £5 l’entrée maintenant (contre £3 pour notre visite précédente), il n’a en effet pas une valeur historique aussi importante que des châteaux comme celui de Stirling ou la grâce du château d’Édimbourg. En revanche, il attire une petite foule éclairée, car ce château, c’est celui où ont été tournées un grand nombre des scènes de Sacré Graal.
Notamment celle-ci :

Mais aussi la scène des Français, le mariage dans le chapitre de sir Lancelot…
Évidemment, les visites du château se centrent autour de ce tournage : l’audioguide est narré par Terry Jones avec des anecdotes de tournage, il est possible d’acheter des noix de coco afin de visiter le château à cheval.
Les anecdotes de l’audioguide sont globalement très drôles et on regrette juste de ne pas avoir visité le château des années plus tôt afin d’avoir la chance de faire de la figuration pour le film. Car oui, les Monty python se contentaient de demander aux visiteurs s’il voulait bien participer aux films, au plaisir d’ un étudiant qui se fit tuer deux fois sur le tournage notamment en tombant des escaliers du château pour atterrir sur un ballot de foin dix mètres plus bas. Comme Terry Jones l’explique, on ne faisait pas vraiment attention aux notions de sécurité à l’époque.
Pour nous, ce sera déjà la deuxième visite et si le château en lui-même n’a évidemment pas changé, la visite a quelque peu évolué. Un autre tournage d’envergure y a en effet eu lieu. C’est celui de la série Outlander dont je vous ai parlé au tout début de notre aventure. Et ça, je ne le savais pas du tout, j’ai donc été agréablement surprise en débarquant au château de voir quelques informations à propos du tournage. Mais l’essentiel de la visite reste à mon grand soulagement centré sur les Monty Python. Ouf. Ça ne m’a pas empêché de m’imaginer comme l’héroïne de la série me promener dans ce château en compagnie d’un écossais avec un superbe accent gaélique.

Et comment !
Et comment !

J’en ai profité pour m’acheter mon seul souvenir d’Écosse (matériel j’entends) : le livre qui a inspiré Outlander, appelé en français Le chardon et le Tartan. Les bénéfices vont à l’entretien du château et ça en plus ça fait plaisir.

Une visite qui fait sourire, surtout en compagnie d’autres fans des Monty python et qui donne envie de chanter « Knights of the Round Table » ou pourquoi pas « Sir Robin ».

Après cette visite, rapide détour par le château de Stirling afin de pique-niquer et de l’observer, de l’extérieur seulement, car ici la visite coûte £16. C’est dommage, car aux châteaux sont conservées des belles reproductions de la série de tapisserie de la chasse à la licorne. Enfin, ce n’est pas trop grave, vu que Paul et moi les avons déjà vues, et que je doute que cela intéresse les deux autres 🙂
Après avoir préparé nos plats lyophilisés dans l’herbe de la cour du château, direction la Glengoyne distillery. C’est décidé, nous ferons une des visites plus détaillées et bonne nouvelle, je ne serai pas seule à faire la dégustation chocolat et whisky, car elle intéresse aussi Samuel. Paul et Baromm feront eux la « gold medal parade » qui a remplacé le tasting tour et où l’on peut déguster leurs whiskys médailles d’or. Après une vidéo d’introduction tout en goûtant le whisky 12 ans d’âge, on fait le tour de la maison. La visite de la distillerie ne se différencie pas vraiment de l’autre même si l’on découvre qu’ici ils n’utilisent pas de tourbe parce que l’orge est séchée à l’air dans des hangars qu’on pouvait apercevoir, et qu’en plus, la distillerie fait sa « silent week », semaine pendant laquelle on ne produit plus de whisky afin de pouvoir faire de l’entretien, de l’administratif, etc. Et ça, c’est pour le plus grand plaisir de mes oreilles, car une distillerie en temps normal, ça fait beaucoup de bruit. De nouveau, il est interdit de faire des photos pendant la visite donc je n’ai pas grand-chose à vous montrer.
Pendant la dégustation, j’étais beaucoup trop heureuse d’avoir du chocolat et à essayer d’associer ces carrés de chocolat aux whiskys proposés pour penser à prendre des photos, mais j’en ai quelques-unes à vous montrer. Grâce à cette dégustation, j’ai vraiment apprécié le whisky. Associé au chocolat il change de goût et ça me plaît vraiment bien. Et surtout, j’ai découvert un whisky qui me plaisait vraiment : le glengoyne 21 qui a maturé en fût de sherry de première utilisation. Cela veut dire que ces fûts de sherry étaient utilisés pour la première fois pour faire du whisky et ont très vite transmis les caractéristiques laissées par le Sherry. Résultat ? Un whisky très fruité et liquoreux. Il a un côté noël qui évoque les épices, le christmas pudding (si vous avez déjà pu en goûter) et ses fruits secs. Que du bon. Il était associé avec un chocolat au nougat et un autre au… nougat (?). Bon malheureusement, la bouteille coûte 160€ alors je ne suis pas repartie avec, mais si tu veux me faire plaisir petit lecteur, voilà ce que tu peux m’offrir (avec une tablette de chocolat framboise pour compléter)
Le deuxième whisky que l’on a associé avec un chocolat au lait au caramel et un chocolat noir type mendiant, c’est le glengoyne 15. Plus classique à mon goût, il évoque également les épices, mais aussi les pommes. Sympa, mais j’ai préféré le 21 ans.
Paul et Baromm ont eux goûté également ces whiskys , ainsi que le 18 ans, un whisky dont ils ne se rappellent plus le nom, et le « teapot dram ». Ce dernier, Paul me l’a fait goûter quand on les a rejoints et m’a raconté l’histoire : les facteurs en tournée recevaient souvent un verre de whisky lorsqu’ils déposaient le courrier chez les gens. Seulement, tu imagines bien qu’au bout d’un moment, ils avaient du mal à continuer leur tournée. Aussi se baladaient-ils avec une bouteille pour le thé, où ils pouvaient reverser le whisky pour boire tranquillement ce mélange chez eux. C’est ce dram original qu’ont voulu recréer les experts à Glengoyne. Ce whisky est donc un mélange de whiskys issus de 7 fûts différents et d’âge variable (mais tous des sherry first fill). Un mélange plutôt costaud à mon goût (près de 60% d’alcool, contre 43% pour le 21 ans par exemple).

Tu imagines bien qu’après 6 verres de whisky, Paul n’était plus en état de reprendre le volant. C’est donc moi qui ai affronté la circulation à gauche sur une route à bande unique pour nous ramener au camping. Je suis là pour en témoigner et nous en sommes tous sortis vivants.
De nouveau, une belle visite, suivi d’un retour très drôle avec les blagues des garçons un peu pompettes (même si j’étais un peu trop stressée par la route pour forcément éclater de rire). En effet, il nous fallait rentrer pour aller manger un fish&chips et surtout faire découvrir à Samuel et Baromm le délicieux et ignoble mars frit.
Des photos valent mieux qu’un long discours.

Mais une vidéo de Baromm vaut mieux qu’un tas de photos :

Séquence 01

Après avoir déçu Baromm en lui expliquant que « non on ne pourra pas revenir en manger pour le petit-déjeuner », nous rejoignons nos tentes. Ce n’est pas qu’on ne veuille pas en manger plus (même si mon estomac n’est pas d’accord), c’est que demain, on se lève tôt pour rejoindre l’Angleterre. Notre but est d’atteindre Canterbury demain afin d’y passer une dernière journée avant de prendre le ferry. C’est un objectif que j’ai fixé afin que Paul ne se fatigue pas trop au volant, car une fois qu’il est parti, on ne l’arrête plus.

Et au final, ça n’aura rien changé, car le lendemain; nous sommes partis comme prévu et avons atteint Canterbury en fin d’après-midi, Paul se dit que « tant qu’à être à Canterbury, on pourrait reprendre le Ferry ». Et nous nous retrouvons finalement sur le ferry un jour plus tôt que prévu… Je suis triste, mais nous devions de toute façon quitter l’Écosse et je serai contente de retrouver Ambrosius et Perceval à l’appartement.

Au final ce furent 9 jours magnifiques, malgré le temps, qui m’ont laissé apercevoir le nombre de choses que je voulais encore faire en Écosse. Il me faudra donc y retourner, ne fût-ce que pour finir la Cape Wrath Trail. Mais avant ça, peut-être d’autres choses, d’autres pays, je ne serais que plus contente quand j’y retournerai.

 

Home is behind, the world ahead,
And there are many paths to tread
Through shadows to the edge of night,
Until the stars are all alight.
The world behind and home ahead,
We’ll wander back to home and bed.

« A Walking Song », The Fellowship of the rings, J.R.R. Tolkien

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