« Ce qui me fait avancer, c’est le plaisir que j’éprouve à lever le pied du sol. »

— Paul

Cela faisait longtemps que j’en parlais, cela faisait longtemps que je l’attendais. La cape Wrath Trail 2016 ne s’est pas déroulée comme nous le pensions.

Paul et moi nous sommes levés très tôt ce mardi afin de vérifier que tout est en ordre pour notre grande aventure et pour être à l’heure pour l’Eurostar. Après m’être fait offrir une galette de chez Meerts par Paul (si si, c’est mon horoscope qui l’exigeait), nous avons embarqués pour retrouver Catherine à Londres et passer une fabuleuse après-midi.

 

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Au programme, balade dans St James Park, National Gallery, mais surtout retrouvailles et flânage.

 

Une fois cette belle journée passée, nous embarquons à bord du Caledonian Sleeper, un train de nuit et toute une expérience que j’avais vécus il y a deux ans lorsque je suis partie faire cette randonnée seule et que je voulais partager avec Paul. Première surprise pour lui : l’étroitesse du train. Deuxième, plus agréable, la carte des whiskys au bar. Nous décidons donc de nous offrir un petit plaisir avant d’aller dormir… Du moins c’est ce que nous pensions, mais à cause des arrêts fréquents du train (beaucoup plus nombreux que dans mon souvenir), nous passons une nuit quasi blanche.

Malgré cela, je pense que Paul a apprécié le voyage, et je sais que j’ai adoré.

Le lendemain matin, après un petit déjeuner qui laisse malheureusement à désirer, nous arrivons à Inverness. De là, petit chocolat chaud afin de se réconforter du déjeuner du train et de se renseigner sur le prochain bus pour Ullapool, où nous commençons la randonnée. À 13h, après un voyage en minibus avec un chauffeur très sympathique (qui semble faire le prix à la tête du client), nous pouvons commencer à marcher.

On ne va pas se le cacher, c’est beau malgré que ce soit une piste de 4×4, mais c’est loin d’être aussi beau que ce que nous avons pu voir les autres années. Nous marchons sans trop y prendre de plaisir, si ce n’est lorsque l’on aperçoit des cerfs au loin. Le temps lui-même est maussade, alterne entre le gris, le gris plus foncé, et la pluie, sans beaucoup de ces éclaircies qui font la beauté des paysages écossais. Les 600m de dénivelé ne dévoilent aucune surprise à la fin. À 18h30, nous arrivons au bothy (refuge de montagne). Et là nous réalisons : 25km en moins de 5h30 (vu qu’on s’est octroyé une pause pour manger les sandwichs que l’on s’est achetés à Ullapool). Et malheureusement, pas de bois dans le refuge pour faire du feu et aucune chance d’en trouver dans la plaine alentour. Nous redécouvrons par contre la joie des repas lyophilisés… de qualité cette fois. Et l’estomac rempli d’aligot, nous essayons de nous endormir… À nouveau sans beaucoup de succès vu le froid et l’humidité.

Paul a fait une seconde nuit blanche. Le démarrage le lendemain est donc dur, malgré un excellent petit déjeuner préparé et mis sous vide par un traiteur breton. Il ne reste que 10km pour achever l’étape, et nous prenons presque autant de temps pour les faire que les 25 de la veille. Nos jambes nous rappellent avec dureté que nous aurions dû les ménager hier malgré la fatigue et l’envie d’arriver au refuge. On sent la tension s’installer et la fatigue des deux nuits sans sommeil n’aide pas à apprécier l’étape. Nous nous traînons, sans profiter des paysages qui n’ont d’ailleurs rien de remarquable. Lorsqu’enfin nous arrivons à l’hôtel qui marque la fin de l’étape (mais où ne nous resterons pas, car il est très haut de gamme), nous crevons l’abcès et discutons. La prochaine étape fait au moins deux jours, avec deux fois plus de dénivelés, et au bout il n’y a qu’un refuge et aucune trace de civilisation. Ensuite c’est encore une étape d’au moins deux jours avant d’atteindre un village… Nous pesons le pour et le contre… Mais le contre l’emporte et nous choisissons de rentrer en stop vers Inverness. C’est un peu une défaite certes, et le moral n’est pas au plus haut, mais nous avons quand même fait nos 35km en deux jours, sans sommeil, avec nos 13 kilos sur le dos, le long de la randonnée la plus dure d’Écosse.

Cela nous a également permis de nous rendre compte que partir avec seulement un sac à dos, en devant porter tout ce dont on a besoin, ce n’est plus la manière dont nous voulions envisager nos vacances. En travaillant tous les deux, nous avons besoin de pouvoir récupérer, et là c’est tout le contraire. Et même si nous adorons marcher et continuerons à le faire, nous préférerions envisager des marches d’une journée où l’on rentre en voiture vers un camping/gîte où nous attendent nos affaires et un bon lit.

Heureusement pour nous, nous trouvons rapidement un livreur, Ian, qui a fini sa tournée et nous prend en stop. Ian est gentil, mais un peu trop pressant, il finit par nous ramener chez lui et nous offre un café, qui se transforme en repas (les Écossais ne savent décidément cuisiner que très gras), qui se transforme en invitation à passer la nuit dans la chambre d’ami (bien qu’il se lève à 5h du matin), à quel point nous arrivons à nous extirper de chez lui en le remerciant et trouvons un autre conducteur qui nous amène à Tain où nous prenons le bus pour Inverness.

De là, nous décidons de passer quelques jours à Inverness avant de rentrer sur Londres pour un mini city-trip dont je parlerai certainement plus tard. Certes le voyage me laisse un souvenir aigre-doux, mais je suis contente de l’avoir fait, car il m’a permis de beaucoup discuter avec Paul de ce que nous avions envie, en vacances et en général, de beaucoup réfléchir et de marquer une fin provisoire à nos aventures écossaises. Et aussi de profiter d’un beau séjour à Londres.

 

 

Quelques beaux panoramas pris par Paul et son téléphone :

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